La Ville de Paris a décidé de “verdir” et d’accroître son réseau de chaleur dans le cadre du renouvellement du contrat de concession CPCU qui arrive à expiration. La stratégie privilégie d’augmenter la production d’énergie renouvelable et de récupération (ENR&R ou ENR2) et d’atteindre 100% ENR2 en 2050. L’énergie de récupération est en fait l’énergie procurée par la combustion de déchets dans des unités de valorisation énergétique (UVE), en réalité des incinérateurs.
Dans son plan, la Ville de Paris a décidé de construire un incinérateur à Vitry-Sur-Seine, exploité par l’industriel Dalkia, qui fournira une part déterminante de la chaleur du réseau parisien. Cela s’accompagne de l’acquisition par Paris des parcelles du terrain d’EDF des Ardoines, où se situe l’ancienne centrale thermique (cheminées) fermée depuis 2015, une centrale à gaz CPCU en fonctionnement, mais aussi le Kilowatt.
Dans le Val de Marne, il y a déjà 3 incinérateurs ; ce qui fait du département un véritable cluster de l’incinération où sont brûlés chaque année plus d’un milliard de tonnes de déchets. Cette nouvelle usine –projet “THERMO SEINE”– dont la mise en service est prévue en 2031 accroîtrait encore le volume de déchets acheminés et incinérés dans le département. Ces déchets seraient constitués de bois B (bois “fin de vie”, soit du bois traité et pollué) et de CSR (combustibles solides de récupération issus du refus de tri, composés de divers déchets de bois & plastique). Les quantités de déchets pour faire tourner la centrale de plus de 300 MGW ne sont pas précisément révélées, mais se chiffrent en centaines de milliers de tonnes, soit des quantités comparables à celles incinérées à Ivry-Sur-Seine (capacité de 700 000 tonnes devant être réduite à 350 000 tonnes). Enfin les déchets de THERMO-SEINE seraient importés, puisqu’ils seraient produits dans un rayon de 300 km à partir de Ris Orangis.
Il faut s’opposer à THERMO SEINE !
Tout d’abord, il y a un problème démocratique. Le Conseil de Paris, soutenu par ses conseils d’arrondissement, a délibéré en totale autonomie (des discussions “en off” ont cependant eu lieu avec l’actuel maire de Vitry, acquis au projet) sur une décision consistant à imposer hors de son territoire parisien un équipement dont il sait qu’il ne sera pas accepté par la population locale car il compromet le développement de sa ville. Et cette population, c’est nous, ls vitriot.es. Cette ville, c’est la nôtre.
Ensuite, selon toutes les ONG environnementales françaises ou internationales, l’incinération est un procédé qui pose des risques sanitaires élevés, du fait des émissions de matières polluantes pour l’air et les sols. Par ailleurs, l’incinération massive est une fuite en avant dans la production de déchets, car les centrales de combustion doivent tourner à pleine capacité pour demeurer efficaces et rentables.
Bien qu’encadrée réglementairement, l’incinération de déchets présente des risques difficilement maîtrisables dans le temps. Cela s’illustre malheureusement non loin de Vitry, à Ivry, dont l’incinérateur est un casse-tête pour ne pas dire désastre environnemental. Depuis 16 ans, une association de citoyens, le Collectif 3R pointe du doigt ses nuisances, les incidents sur l’installation provoquant des sur-émissions polluantes, l’absence de dispositif de contrôle indépendant et fiable, l’absence de plans de secours et d’alertes des habitants, les dérives budgétaires. A Créteil, c’est l’association ALIC (Affamons l’incinérateur de Créteil) qui mène un combat similaire.
Ne pas laisser faire !
On nous promet des consultations publiques, mais les dispositifs de concertation ne sont en général pas bloquants. Seule la conjonction d’une mobilisation constante et massive de la population et des élus locaux résolument opposés au projet peuvent permettre d’enrayer le projet au profit de solutions concertées avec la population dans le champ de la rénovation thermique, de la sobriété et de l’aménagement de la ville en général.
Myriam G.

